Avec le projet de « Démonstrateur de l’éco-rénovation » dans la Maison du Parc à Maroilles, REnversC crée un terrain d’apprentissage concret pour les étudiant·es en architecture de la FA+U de UMONS et ingénierie de l’INSA Hauts-de-France (Valenciennes). Dans un podcast, Zoé Lejeune, étudiante en architecture et d’urbanisme, revient sur cette expérience pédagogique où rénovation du bâti existant, réemploi, matériaux naturels et collaboration transfrontalière deviennent des objets de formation à part entière.
Former les futur·es professionnel·les de l’architecture et de l’ingénierie à l’éco-rénovation ne peut pas se limiter à transmettre des principes théoriques. Il faut des lieux, des situations réelles, des contraintes concrètes, des matériaux à observer, des usages à comprendre, des arbitrages à poser.
C’est précisément ce que permet un projet comme REnversC : faire entrer les enjeux de la rénovation durable et circulaire dans les parcours de formation, en les reliant à des cas concrets, ancrés dans les territoires.
À Maroilles, 80 étudiant·es ont été invité·es à rénover deux bâtiments existants, avec une ambition claire : imaginer des propositions capables de valoriser le réemploi, les matériaux naturels, la qualité d’usage et le respect du patrimoine local.
Dans le podcast mis en ligne, Zoé Lejeune, étudiante en architecture et urbanisme, revient sur cette expérience pédagogique et explique combien elle a déplacé son regard. Là où les premières années de formation amènent souvent à concevoir des bâtiments neufs, le projet Maroilles l’a confrontée à une autre réalité professionnelle : composer avec l’existant, ses contraintes, ses qualités et son potentiel de transformation.
APPRENDRE À RÉNOVER, PAS SEULEMENT À CONSTRUIRE
La rénovation durable impose une autre manière de concevoir. Il ne s’agit plus de partir d’une page blanche, mais d’observer ce qui est déjà là : un bâtiment, une matérialité, un territoire, un patrimoine, des usages, des ressources disponibles.
Dans le projet développé par Zoé Lejeune et deux autres étudiantes, cette approche prend la forme de « La maison des sens » : une balade sensorielle destinée à faire découvrir des matériaux éco-responsables, naturels et issus du réemploi.
Vue, toucher, odorat : les matériaux ne sont pas seulement présentés comme des solutions techniques. Ils deviennent des supports d’expérience et de compréhension.
Bois, terre cuite, peintures plus durables, éléments réemployés : chaque choix contribue à rendre l’éco-rénovation plus tangible pour les visiteur·euses.
Ce type de démarche est essentiel dans les formations. Il permet aux étudiant·es de relier les exigences environnementales à des questions très concrètes :
- Comment choisir un matériau ?
- Comment le mettre en œuvre ?
- Comment expliquer son intérêt ?
- Comment concilier confort, sobriété, qualité architecturale et respect du bâti existant ?
CROISER CONCEPTION, TECHNIQUE ET TRANSMISSION
L’intérêt du projet Maroilles réside aussi dans la diversité des étapes pédagogiques mobilisées.
Les étudiantes ont :
- conçu une proposition architecturale ;
- réalisé une maquette physique ;
- documenté les matériaux envisagés au moyen de fiches techniques ;
- puis vu leur projet modélisé en 3D par d’autres étudiant·es.
Cette chaîne de travail est précieuse : elle relie la conception, la représentation, la technique et la transmission. Elle montre que l’éco-rénovation n’est pas un sujet périphérique, mais bien un champ de compétences complet, au croisement de l’architecture, de l’ingénierie, de la mise en œuvre, de la médiation et de la pédagogie.
Pour les étudiant·es, travailler sur ce type de projet permet d’élargir la compréhension du métier. Rénover, ce n’est pas seulement améliorer une performance énergétique. C’est aussi comprendre un bâtiment, respecter un cadre de vie, choisir des matériaux adaptés, anticiper les usages et rendre les solutions compréhensibles pour celles et ceux qui les découvriront.
UNE DYNAMIQUE TRANSFRONTALIÈRE POUR RENOUVELER LES APPRENTISSAGES
REnversC crée également des espaces de collaboration entre étudiant·es, enseignant·es, formateur·ices, professionnel·les et partenaires de part et d’autre de la frontière.
Ces expériences croisées ont une vraie valeur pédagogique. Elles permettent de :
- confronter les approches ;
- découvrir d’autres manières de travailler ;
- faire dialoguer les disciplines ;
- construire une culture commune autour de la rénovation durable et circulaire.
C’est l’un des objectifs d’un projet comme REnversC : créer des passerelles entre les mondes de la formation, du chantier, de la recherche, de la conception et des territoires.
Pour faire évoluer les pratiques, il faut former les futur·es professionnel·les au plus près du réel, en leur donnant l’occasion d’expérimenter, de coopérer et de comprendre les enjeux de terrain.
À Maroilles, le démonstrateur devient ainsi bien plus qu’un projet étudiant. Il devient un support pour faire entrer l’éco-rénovation dans les apprentissages, rendre visibles les matériaux et les savoir-faire, et préparer une nouvelle génération de professionnel·les à rénover autrement.
🎧 À ÉCOUTER
Podcast – Zoé Lejeune, projet « Maroilles » – Projet transfrontalier REnversC
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